La maladie a frappé sans pitié et rapidement. Au cours de l'été, elle a soudain eu très mal au dos, n'arrivait plus à bouger correctement et ne pouvait quasiment plus se pencher. «Ça ne m'était jamais arrivé», confie cette patiente*, très sportive. Après les vacances, le diagnostic tombe, accablant: métastases osseuses! «Rien n'a plus été comme avant.» Elle n'avait jamais imaginé pouvoir être atteinte de cancer, il n'y avait aucun cas dans sa famille. Elle n'avait pas remarqué le durcissement de son sein, et encore moins le nodule sous son bras.

Lâcher prise et s'occuper de son corps

«Je ne me suis arrêtée que brièvement sur le fait que la maladie soit incurable», ajoute cette ancienne assistante médicale. Bien sûr, elle a connu des périodes de découragement extrêmes, et a parfois pleuré. «Cependant, assez rapidement, j'ai décidé d'accepter la maladie. Le fait de ne pas me rebeller contre mon destin, de lâcher prise et de m'occuper de mon corps m'a conféré une grande force», explique cette femme de 58 ans dotée aux dires de ses proches d'une forte personnalité.

Ce qui l'a beaucoup aidé, c'est que ses poumons, son foie et ses reins ne présentent pas de métastases. Et aussi qu'elle s'intéresse beaucoup à la psychologie. «Nous avons une influence considérable sur la manière dont nous nous sentons.» Naturellement, le soutien de l'entourage familial et professionnel est important. Et, tant auprès de son médecin de famille qu'auprès du Dr. med. Rudolf Morant au centre des tumeurs de Rapperswil, elle s'est sentie entre de bonnes mains. «Aucun médecin ne m'a dit que ma maladie était sans espoir ou qu'il n'y avait pas traitement.»

Le premier traitement a fonctionné

Elle a traité les douleurs du dos par des patchs contre la douleur contenant des dérivés de morphine et des analgésiques. Elle voulait en même temps lutter immédiatement contre la maladie et «faire tout le nécessaire». Une chimiothérapie à distance de trois semaines lui a été prescrite. En outre, on lui administré une injection pour protéger les os contre la résorption due aux métastases. «J'ai eu énormément de chance, parce que ça a marché dès le premier traitement.» Ses douleurs au dos se sont atténuées, le durcissement dans son sein a rétréci.

Cependant la perte de poids, le manque d'appétit, les nausées, les problèmes digestifs, la chute des cheveux et la fatigue l'ont fortement éprouvée. «On ressent son propre corps comme étranger.» La rédaction de son journal, la méditation et des exercices de développement de conscience l'ont aidée à métaboliser les effets secondaires de la chimiothérapie. Et à se préparer à l'opération au cours de laquelle elle allait perdre un de ses seins. «Je comptais sur la qualité de la reconstruction.» Ce qui ne signifie pas qu'elle était à la merci du secteur médical. Ainsi, elle a par exemple changé de chirurgien «à cause d'un pressentiment négatif». «Il est important de participer activement au traitement et de prendre des responsabilités.»

Rolf Zenklusen
Journaliste indépendant

* Ce témoignage est anonyme sur demande de la personne concernée.

Nous la remercions d'avoir partagé son expérience personnelle.