Toute chimiothérapie est une sollicitation énorme pour l'organisme et également pour le moral d'une patiente atteinte de cancer du sein. C'est pourquoi il est d'autant plus important d'accompagner le traitement du mieux possible. «Il est manifeste que, dans cette phase, une patiente a entre les mains des possibilités d'influencer la maladie», explique le Prof. Nagel. À ce stade, l'administration de compléments dits micronutriments, comprenant des minéraux, des oligoéléments, des vitamines et des substances végétales secondaires joue un rôle crucial. Les patientes peuvent ainsi contribuer elles-mêmes pour une part importante à minimiser le plus possible les effets secondaires de la chimiothérapie, à garder leurs forces et à aider les mécanismes de défense de l'organisme.

Des nutriments d'importance vitale

«Les micronutriments sont un élément essentiel de tous les processus de l'organisme chez les personnes saines également», précise le Prof. Nagel. Ils interviennent partout, de la respiration à la réflexion en passant par le sommeil, et le foie en a besoin tout autant que les reins. «Ils renforcent par exemple le système immunitaire ou le métabolisme hépatique, important pour la désintoxication, ils luttent contre les inflammations, l'apathie et la fatigue», précise l'oncologue. Il n'est ainsi pas étonnant qu'ils soient si importants dans le cadre du traitement d'un cancer du sein par chimiothérapie. «Avec un dosage adapté, les micronutriments peuvent réduire de nombreux effets secondaires de la chimiothérapie. Tout dépend en effet de leur choix, combinaison et dosage précis», ajoute le Prof. Nagel.

Un besoin qui augmente drastiquement

Chez les personnes en bonne santé, une alimentation équilibrée apporte tous les micronutriments en quantité suffisante. Les choses sont bien différentes pendant le traitement du cancer. «Pendant une chimiothérapie, le besoin en micronutriments augmente considérablement. Il correspond plus ou moins à celui d'un sportif professionnel», déclare le Prof. Nagel. Si on n'augmente pas l'apport de ces nutriments, on constate souvent des carences à ce stade du traitement. L'alimentation ne suffit plus à combler le déficit, notamment pour ce qui concerne la combinaison optimale de tous les nutriments. «Si l'on veut doser précisément les micronutriments en fonction des besoins, comme le sélénium ou la L-carnitine, il n'est pas possible d'éviter les formulations dites chimiquement pures», ajoute le Prof. Nagel. C'est pourquoi les compléments de micronutriments sont utilisés sous forme de comprimés ou de préparations liquides. «Souvent, les ingrédients de ces extraits proviennent de substances naturelles, on purifie en quelque sorte la nature», indique le Prof. Nagel. En plus du sélénium et de la L-carnitine, il est particulièrement utile d'accompagner une chimiothérapie de vitamine D et E, de coenzyme Q10 et d'acides gras oméga 3.

Jus ou comprimés?

En cas de nausées et de vomissements pendant une chimiothérapie, de nombreux experts conseillent de prendre les micronutriments sous formes de préparations liquides plutôt qui de comprimés. «Une mauvaise combinaison de micronutriments peut aggraver des problèmes gastro-intestinaux existants. Le traitement de soutien à l'aide de micronutriments doit par conséquent scrupuleusement tenir compte de la situation particulière du patient», ajoute le Prof. Nagel.

Efficacité et sécurité

Cependant, comment convaincre les patientes qu'un apport supplémentaire de micronutriments peut les aider efficacement? Le Prof. Nagel balaie les doutes possibles: «Nous disposons de nombreuses études sur le sujet. Parmi les traitements dits complémentaires, il n'en existe aucun dont l'efficacité ait été mieux démontrée scientifiquement que le traitement de soutien par des micronutriments. Les données montrent clairement que les micronutriments ont un effet prouvé en complément du traitement de la tumeur. «La question de la sécurité des micronutriments est elle aussi très importante, notamment des antioxydants quand ils sont utilisés en parallèle à la chimiothérapie ou à la radiothérapie. L'affirmation que l'on entend parfois, selon laquelle les micronutriments réduisent l'efficacité du traitement de la tumeur est entièrement fantaisiste sous cette forme simpliste», souligne l'oncologue. La littérature scientifique concernant les expériences cliniques montre que c'est plutôt le contraire qui se passe. Il y a cependant ici aussi des exceptions. «Par exemple, délivrer des antioxydants à haute dose sous forme de monothérapie», concède le Prof. Nagel. «Dans la pratique, nous n'utilisons quasiment que des combinaisons de micronutriments pour lesquels aucun risque potentiel n'a été décrit.»

Le moral aussi en profite

Si les patientes accompagnent leur chimiothérapie de micronutriments, ce n'est pas important uniquement en raison de leurs avantages chimiques. Se prendre en charge soi-même a également un impact positif du point de vue psychologique. Les patients constatent ainsi, et ceci est très positif, qu'ils peuvent participer activement à leur propre guérison. «Pour moi, il ne fait aucun doute que les patients atteints de cancer, notamment dans la phase initiale de la maladie, peuvent contribuer de manière efficace à la lutte contre la maladie», précise le Prof. Nagel.

Dr Kai Kaufmann
Journaliste indépendant