La grande majorité des patientes atteintes de cancer du sein peut aujourd'hui bénéficier d'une opération conservatrice du sein. «Pour détruire les cellules tumorales microscopiques restant éventuellement dans le reste du tissu mammaire, on effectue en général une radiothérapie», recommande le PD Dr. Günther Gruber, directeur de l'Institut de radiothérapie de la clinique Hirslanden. «Ceci permet de réduire sensiblement le taux de récidive. Souvent, la radiothérapie est conseillée même après une mastectomie».

La radiothérapie est divisée en deux phases

Une fois la plaie de l'opération guérie, la radiothérapie peut commencer (en général trois à six semaines après l'opération ou, si une chimiothérapie est nécessaire, une fois qu'elle est terminée). Pour la radiothérapie, des accélérateurs linéaires sont utilisés. Pour ce faire, des électrons (particules chargées électriquement) sont groupés et accélérés sur une trajectoire linéaire (droite) à l'aide d'un champ électromagnétique.

Dans une première phase, le sein est irradié de manière tangentielle dans son ensemble, ce qui signifie que le buste est juste effleuré. Dans une deuxième phase, on procède à une irradiation localisée de l'ancien lit tumoral, car c'est ici que la probabilité qu'il reste des cellules cancéreuses est la plus grande. Cette radiothérapie localisée supplémentaire (boost) peut éventuellement être pratiquée pendant l'opération immédiatement après excision de la tumeur (radiothérapie peropératoire). Dans certaines conditions, il est également nécessaire d'irradier les ganglions axillaires, de la clavicule et derrière le sternum, notamment si des ganglions touchés ont été trouvés lors de l'excision des ganglions axillaires.

La dose totale est fractionnée en petite doses journalières

En général, la radiothérapie a lieu du lundi au vendredi, cinq fois par semaine, on parle de radiothérapie fractionnée. La durée totale du traitement peut être de six semaines et demi environ, et le traitement doit être administré sans interruptions. «Des données récentes indiquent que, dans certains cas, une radiothérapie abrégée avec des doses quotidiennes plus élevées est possible», indique le Dr Gruber.

Chaque patiente reçoit une radiothérapie personnalisée

Pour ce faire, une tomographie assistée par ordinateur en 3D est réalisée en position d'irradiation (en général en position couchée sur le dos). Ainsi, il est possible de définir précisément la zone à irradier et de prévoir et de calculer les champs d'irradiation de manière optimale. C'est seulement une fois ces opérations réalisées que la première irradiation peut avoir lieu. Le temps d'irradiation effectif est d'une à deux minutes.

Les effets secondaires sont plutôt rares

«Avec une programmation et une réalisation scrupuleuses, les effets secondaires sont normalement faibles. Une plus grande fatigue, notamment après une chimiothérapie, peut par exemple être constatée. Il convient de faire la différence entre les effets secondaires aigus (par exemple les éruptions cutanées, les plaies superficielles de la peau, le gonflement du sein) pendant le traitement, qui disparaissent en général entièrement, et les effets secondaires retardés, qui se manifestent des semaines voire des mois après la fin de la radiothérapie et qui peuvent être durables (par exemple altérations de la peau, durcissement du sein). Les effets secondaires sur les côtes adjacentes, les poumons et éventuellement le cœur sont rares. Si l'aisselle est irradiée, des perturbations de la circulation lymphatique peuvent se produire dans de rares cas, et causer un lymphœdème du bras.

«En général, la radiothérapie mammaire n'est pas trop pénible. Les patientes peuvent être traitées en ambulatoire, et, si elles le souhaitent, peuvent retourner au travail», résume le Dr Gruber.

Karin Storz 
Journaliste indépendante

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